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CBD alimentaire et Novel Food : ce qui s’est vraiment passé le 15 mai 2026, et ce qui vient ensuite

  • A.D.
  • il y a 1 jour
  • 9 min de lecture

Depuis le 7 mai 2026, le téléphone sonne dans toutes les boutiques CBD de France. « Le CBD est interdit ? » « Vos huiles sont illégales ? » « Je dois jeter mes gummies ? » Les titres de presse ont fait leur effet — et la plupart étaient inexacts, ou du moins incomplets.


Ce qui s’est passé le 15 mai 2026 n’est pas une interdiction du CBD. C’est la fin d’une zone grise réglementaire qui durait depuis sept ans — et le début d’une période d’incertitude pour une partie du marché, pendant que l’autre reste pleinement légale.


Chez Exodus CBD, nous avons choisi la transparence totale sur cette question. Parce que nos clients méritent une information claire, sans catastrophisme ni minimisation commerciale. Et parce que notre positionnement — qualité, traçabilité, honnêteté — nous oblige à traiter ce sujet avec la même rigueur que nos analyses de laboratoire.



Ce qui s’est passé vraiment : pas une nouvelle loi, la fin d’une zone grise


Le règlement Novel Food de 1997 : un texte qui existait déjà


Pour comprendre le 15 mai 2026, il faut remonter au 15 mai 1997. Ce n’est pas un hasard si la DGAL a choisi cette date pour lancer ses contrôles.


Le règlement européen Novel Food — aujourd’hui codifié sous la référence (UE) 2015/2283 — pose un principe simple : tout ingrédient alimentaire qui n’était pas consommé de façon significative dans l’Union européenne avant le 15 mai 1997 est considéré comme un nouvel aliment. Il ne peut pas être mis sur le marché sans une autorisation préalable de l’EFSA.


En janvier 2019, la Commission européenne a officiellement classé les extraits de Cannabis sativa L. contenant des cannabinoïdes — dont le CBD — comme Novel Food. À partir de ce moment, vendre des huiles CBD, des gummies ou des gélules comme compléments alimentaires était, techniquement, contraire au droit européen.


Pourquoi la France a toléré sept ans de zone grise


La France, comme plusieurs autres États membres, a appliqué cette règle avec beaucoup de souplesse entre 2019 et 2026. Le marché CBD alimentaire s’est développé dans cette tolérance implicite — des milliers de boutiques, des centaines de références, une filière de plusieurs centaines de millions d’euros.


Pourquoi cette tolérance ? Plusieurs raisons convergentes. L’absence de données scientifiques solides rendait difficile une position ferme sur la dangerosité du CBD alimentaire. Le marché se développait vite et créait des emplois. Les fédérations professionnelles (UPCBD, UIVEC, SPC) négociaient activement avec les ministères. Et les procédures d’autorisation Novel Food avançaient lentement — plus de 200 dossiers déposés à l’EFSA depuis 2019, aucun accordé.


Ce que le 15 mai 2026 représente symboliquement


La DGAL n’a pas choisi la date du 15 mai par hasard. C’est l’anniversaire exact de la date pivot Novel Food — un signal politique très clair : sept ans après la classification officielle du CBD comme Novel Food, la France met fin à sa période de tolérance. Ce n’est pas une nouvelle loi votée au Parlement. C’est l’application stricte d’un cadre juridique qui existait déjà.



L’avis EFSA de février 2026 : comprendre le seuil de 2 mg/jour sans le caricaturer


Ce que l’EFSA a mesuré et ce qu’elle n’a pas pu mesurer


Le 9 février 2026, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a publié une mise à jour majeure de son évaluation du CBD. L’avis complet du panel NDA de l’EFSA, publié dans l’EFSA Journal, synthétise l’ensemble des données toxicologiques disponibles. Les conclusions sont claires sur les lacunes : données insuffisantes sur les effets hépatiques à long terme, sur la neurotoxicité développementale chez les femmes enceintes, sur l’immunotoxicité. Des perturbations endocriniennes ont été observées dans les études animales.


Sur la base de ces données — et de leurs lacunes — l’EFSA a établi une dose provisoire de sécurité de 0,0275 mg par kg de poids corporel par jour, soit environ 2 mg de CBD par jour pour un adulte de 70 kg.


Le facteur d’incertitude 400 : prudence scientifique ou excès de zèle ?


Ce seuil de 2 mg/jour n’est pas un seuil de dangerosité prouvée. C’est un seuil conservatoire — calculé en appliquant un facteur d’incertitude de 400 aux données toxicologiques disponibles. Un facteur de 400 est exceptionnel — il signifie que l’EFSA a considéré les lacunes comme très importantes.


Pour donner un ordre de grandeur : l’Australie, dont le régulateur a accès aux mêmes données scientifiques, autorise jusqu’à 150 mg de CBD par jour dans les compléments alimentaires. La différence entre 2 mg (EFSA) et 150 mg (Australie) reflète une différence d’approche réglementaire, pas une différence de dangerosité démontrée.


Ce que ce seuil signifie pour les produits du marché


La quasi-totalité des produits CBD alimentaires commercialisés en France proposaient des doses de 10 à 50 mg par prise — soit 5 à 25 fois le seuil EFSA. Ce dépassement ne signifie pas que ces produits sont dangereux. Il signifie qu’ils ne peuvent pas être autorisés sous le cadre Novel Food actuel — tant que des dossiers complets ne démontrent pas leur sécurité selon les exigences de l’EFSA.



Ce qui est interdit, ce qui reste légal : le périmètre exact


Les produits visés par les contrôles DGAL


Le plan de contrôles présenté par la DGAL aux syndicats le 15 avril 2026 est clair sur son périmètre. Sont visés tous les produits alimentaires et compléments alimentaires mentionnant un cannabinoïde sur leur emballage, sans autorisation Novel Food : huiles sublinguales étiquetées « complément alimentaire », gummies et bonbons, gélules et capsules, chocolats et confiseries, boissons enrichies en cannabinoïdes, infusions contenant des sommités fleuries de chanvre.


Le critère de déclenchement est l’étiquetage : si le mot « CBD », « THC » ou tout autre cannabinoïde apparaît sur l’emballage d’un produit alimentaire, il entre dans le périmètre. Tous les canaux sont visés : boutiques spécialisées, grandes surfaces, pharmacies, vente en ligne.


Les produits explicitement hors périmètre


Les fleurs et résines CBD ne sont pas des denrées alimentaires. Elles relèvent du Code de la santé publique et du Code de la consommation, dans le cadre validé par l’arrêté du 30 décembre 2021 et confirmé par le Conseil d’État le 29 décembre 2022. Hors périmètre.


Les e-liquides CBD relèvent de la directive européenne 2014/40/UE sur les produits du tabac — pas du droit alimentaire. Les cosmétiques CBD relèvent du règlement (CE) 1223/2009. Hors périmètre également. Les graines de chanvre et leurs dérivés sont reconnus comme aliments traditionnels antérieurs à 1997 — pas Novel Food.


La zone grise des huiles CBD


C’est le point le plus complexe. Une huile CBD étiquetée « complément alimentaire » ou « usage sublingual » est dans le périmètre DGAL. Une huile repositionnée « usage topique » entre dans une zone grise selon les services vétérinaires locaux et leur interprétation. La DGAL a été explicite : changer uniquement l’étiquette sans changer la formulation ne suffit pas — c’est une erreur stratégique qui peut aggraver les sanctions.



L’impact sur la filière : des chiffres qui donnent la mesure


2 000 boutiques, 100 millions d’euros


Selon l’UPCBD et l’UIVEC, le marché français des compléments alimentaires CBD représentait environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Le CBD alimentaire représentait en moyenne 40 % du chiffre d’affaires des boutiques spécialisées. Environ 2 000 boutiques en centre-ville étaient directement exposées aux contrôles. Ces chiffres émanent de la filière et donnent un ordre de grandeur cohérent avec ce que nous observons dans notre propre secteur.


La réaction des fédérations : opposition ferme, démarches juridiques


Paul Maclean, représentant de l’UPCBD, a qualifié la décision de la DGAL de « complètement aberrante » dans plusieurs médias, estimant qu’elle « tue une filière agricole » et « risque de tuer plus de 2 000 boutiques spécialisées ». La Confédération paysanne a évoqué une « menace directe » sur la filière chanvre.


Les critiques principales portent sur l’absence de période de transition (moins d’un mois entre l’annonce du 15 avril et l’application du 15 mai), l’absence de concertation préalable suffisante avec la filière, et la disproportion entre la décision et les données scientifiques disponibles.


Le recours devant le Conseil d’État : ce qu’on peut en attendre


L’UPCBD et le SPC ont engagé un recours devant le Conseil d’État. C’est la voie juridique la plus solide disponible — mais aussi la plus longue. Les délais de procédure au Conseil d’État sont de 12 à 24 mois en moyenne pour ce type de dossier. L’arrêt Kanavape de la CJUE ne peut pas être mobilisé directement ici — il portait sur la libre circulation des marchandises, pas sur le régime Novel Food.



Les perspectives : ce qui va se passer dans les 12-24 prochains mois


Les 17 dossiers en instruction à l’EFSA : ce qu’une autorisation changerait


Sur les 200+ dossiers Novel Food déposés auprès de l’EFSA depuis 2019, 17 sont actuellement en cours d’instruction scientifique sérieuse. Aucun n’a été accordé à ce jour. Si un dossier aboutit dans les 18 à 24 mois, il crée un précédent. D’autres autorisations peuvent suivre plus vite. Mais au rythme actuel des évaluations et compte tenu des lacunes identifiées, une autorisation à court terme semble peu probable.


Le contexte européen : UK, Suisse, Australie — d’autres modèles existent


Le Royaume-Uni, sorti de l’UE, a développé sa propre procédure via la FSA. Plusieurs produits CBD alimentaires y sont en cours d’évaluation. La Suisse maintient un cadre réglementaire autonome plus souple. L’Australie autorise jusqu’à 150 mg/jour de CBD en complément alimentaire. Ces différences illustrent que le seuil EFSA de 2 mg/jour n’est pas une vérité scientifique universelle — c’est une position réglementaire européenne fondée sur un principe de précaution maximal.


Les propositions parlementaires françaises attendues fin 2026


Des propositions parlementaires sur le cannabis thérapeutique et le CBD sont attendues dans le dernier trimestre 2026. La filière plaide pour un cadre transitoire de 12 à 24 mois qui permettrait aux opérateurs d’adapter leurs gammes et aux dossiers Novel Food de progresser avant l’application de sanctions. Le PLF 2026 avait initialement prévu une taxe d’accise de type tabac sur les fleurs et résines CBD — ces dispositions n’ont pas été adoptées. Leur retour dans un prochain texte ne peut pas être exclu.



Ce que ça change pour vous chez Exodus CBD


Ce que nous avons retiré et pourquoi


Conformément au plan DGAL, nous avons retiré de la vente les produits alimentaires entrant dans le périmètre des contrôles : les huiles CBD étiquetées comme compléments alimentaires et les gélules CBD à usage oral. Ce retrait n’est pas un aveu de dangerosité. C’est le respect du cadre juridique applicable.


Ce que nous continuons à proposer


L’essentiel de notre catalogue n’est pas affecté. Nos fleurs CBD — analysées par lot avec COA indépendant, issues de chanvre légal à THC < 0,3 % — sont pleinement légales et disponibles. Nos résines CBD également. Nos e-liquides CBD et nos cosmétiques CBD ne sont pas concernés par le plan DGAL.


Si vous utilisiez des huiles CBD pour une raison précise — gestion du stress, du sommeil, de la douleur — nos conseillers en boutique peuvent vous orienter vers des alternatives adaptées. La vaporisation de fleurs CBD offre une biodisponibilité nettement supérieure à la voie orale, avec un effet rapide et un contrôle précis du dosage.


Notre engagement de transparence et de veille


Nous suivons l’évolution de ce dossier en temps réel — les recours UPCBD/SPC devant le Conseil d’État, l’avancement des dossiers Novel Food à l’EFSA, les éventuelles propositions parlementaires. Si la situation évolue — positivement ou négativement — nous nous engageons à vous le communiquer directement et sans délai.



FAQ — Novel Food CBD : vos questions


Le CBD est-il interdit en France à partir du 15 mai 2026 ?


Non. Seuls les produits CBD destinés à l’alimentation — huiles ingérables, gummies, gélules, chocolats, boissons, infusions aux sommités fleuries — sont concernés par les contrôles DGAL. Les fleurs, résines, cosmétiques et e-liquides restent pleinement légaux. Notre catalogue principal n’est pas affecté.


Est-ce que je risque quelque chose si j’ai encore des gummies chez moi ?


Non. Le plan DGAL cible les opérateurs professionnels — fabricants, distributeurs, boutiques — pas les consommateurs. Vous pouvez consommer ou conserver vos produits déjà achetés sans risque juridique personnel.


Pourquoi le seuil EFSA est-il de 2 mg/jour alors que les huiles CBD dosaient 10 à 50 mg par prise ?


Le seuil EFSA de 2 mg/jour n’est pas un seuil de dangerosité prouvée. C’est un seuil de sécurité conservatoire calculé avec un facteur d’incertitude de 400, en raison des lacunes dans les données scientifiques disponibles. L’Australie autorise 150 mg/jour avec une procédure d’autorisation différente. Ce seuil est provisoire et sera révisé quand des données supplémentaires seront disponibles.


Les recours de l’UPCBD peuvent-ils faire annuler les contrôles ?


Théoriquement oui — si le Conseil d’État estime que la France applique le droit européen de façon disproportionnée. En pratique, les délais de procédure sont de 12 à 24 mois. Les opérateurs ne peuvent pas attendre cette décision pour adapter leurs gammes.


Les huiles CBD vont-elles revenir en vente un jour ?


C’est possible, sous deux conditions : soit un dossier Novel Food complet obtient une autorisation de l’EFSA (délai : probablement 18 à 36 mois minimum), soit un cadre transitoire français ou européen est mis en place. Les deux scénarios sont envisageables — aucun n’est garanti à court terme.


Fleurs, résines, e-liquides : tout ça reste disponible chez Exodus ?


Oui. Nos fleurs CBD, résines CBD, e-liquides CBD et cosmétiques CBD ne sont pas concernés par le plan DGAL et restent disponibles dans nos boutiques de Bandol et La Seyne-sur-Mer, ainsi que sur exodus-cbd.fr.


Comment puis-je rester informé des évolutions réglementaires ?


Nous publions sur notre blog les informations réglementaires au fur et à mesure qu’elles évoluent. Si vous souhaitez être informé des changements, n’hésitez pas à passer en boutique — nos équipes suivent ce dossier au quotidien.



⚠️ Avertissement : Cet article est rédigé à des fins d’information générale. Il ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute décision liée à ces évolutions réglementaires, consultez un juriste spécialisé en droit alimentaire. Les informations sont valables à la date de rédaction (mai 2026) et peuvent évoluer. Contact : contact@exodus-cbd.fr.


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